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La location à Ouakam : Entre morosité et modernité


jeudi 24 juin 2010, publié par hamkode


L
e loyer à moindre coût à Ouakam. Ils sont nombreux à le croire. La vérité est pourtant tout autre ces dernières années. Une descente de senegalcity.com à la rencontre avec des locataires de ce village traditionnel léboue situé entre les quartiers huppés des Almadies et de Sacré-Coeur, donne plus de précision.

Aujourd’hui, ce quartier est la convoitise de personnes nanties qui casquent fort pour acquérir une parcelle dans cette localité qui abrite l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, le plus grand aéroport du Sénégal. Chose qui a fini d’engendrer de litige foncier à n’en plus finir, notamment entre habitants. Ce, lorsque l’Etat du Sénégal sous Wade, a autorisé aux propriétaires de mettre en valeur leurs terre situées le long de la piste d’atterrissage où toute construction était interdite. Avant 2000, le mètre carré vendu à moins de 75 000 F Cfa est estimé aujourd’hui, entre 180 000 à 200 000 F Cfa.

Située dans la périphérie ouest de la capitale Dakar, Ouakam, ce village traditionnel de l’ethnie léboue fait aujourd’hui partie des 19 communes d’arrondissements de la ville de Dakar. Deux versions sont avancées pour justifier le nom donné à cet ancien village traditionnel lébou. Le nom de « Ouakam » s’expliquerait par la situation géographique de la localité, située dans une cuvette (kambe en wolof). Aussi, ses habitants étaient désignés sous le vocable de « Wakamb », (les gens de la cuvette). L’autre thèse soutient que le village s’appelait, à l’origine, Kam et ses populations Wakambs. De Dakar, on entre à Ouakam par la base militaire du bataillon du train et on n’en sort par terminus de la société de transport urbain Dakar Dem Dikk. Ouakam est lovée entre deux quartiers résidentiels : les Almadies et Sacré –cour 3. Pour le plus grand nombre, Ouakam est perçu comme étant l’un des quartiers les plus démunis. Pour les résidants de ce quartier cette conception est des plus erronée, c’est du moins ce qu’explique le vieux Daouda Ndoye. « C’est vrai qu’il y a des taudis, mais il faut reconnaitre que l’on y retrouve tous les types de maison. Ouakam possède aussi de très belles habitations comme d’autres quartiers de la capitale. D’où la variété des prix des loyers ». Arouna Sy (locataire d’un appartement) nous informe que « pour avoir une bonne habitation, il faut prévoir beaucoup d’argent, car les maisons sont aussi chères que dans les autres quartiers de Dakar ». M.Sène corrobore ces propos. Lui qui, en venant habiter Ouakam pensait échapper à la cherté du loyer, comme c’était le cas lors de son déménagement à Derklé. « Grande a été ma surprise de constater que les prix étaient pratiquement les mêmes », lâche-il. Un des courtiers installé dans la zone souligne : « c’est un quartier comme tous les autres et les prix varient en fonction de la dimension et de la qualité de la maison. Un appartement composé d’une chambre, un salon, cuisine et toilettes, par exemple, peut coûter jusqu’à 120 000 F. Cfa. Nous proposons des loyers à 400 000 F. Cfa et plus, selon le nombre de pièces et les critères cités ci-dessus ». A ces sommes, s’ajoutent les frais de courtage qui sont souvent exorbitants au point de placer les clients dans une situation difficile. A sa suite, un étudiant étranger, sous le sceau de l’anonymat se plaint de la cherté de la location dans ce village traditionnel. Et de déplore : « je ne pensais pas dépenser autant d’argent pour acquérir un appartement à Ouakam. Ce qui m’a le plus surpris est la somme que je devais donner au courtier qui me l’a trouvé, 100 % de caution (représentant le montant d’un moi de loyer). Je ne sais pas si cela a toujours été le cas au Sénégal, mais je pense que ce n’est pas une bonne manière de procéder au regard de la cherté de la vie, surtout dans un pays où le pouvoir d’achat est très faible ». Son voisin, un salarié, n’en pense pas moins. « Je n’avais jamais imaginé trouver des maisons aussi chères. Je me demande comment se débrouillent les plus démunis pour pouvoir acquérir un logement si c’est difficile même pour les salariés ? », soutient-il. Le contraste entre les belles bâtisses des quartiers Almadies et Sacré-Cour et les îlots d’habitations vétustes, illustre bien la fracture sociale entre deux mondes. Il n’en reste pas moins vrai que les habitants de Ouakam, moins nantis contraints de louer très cher. Ce quartier où les habitations poussent aujourd’hui, comme des champignons est convoité par de personnes qui en ont les moyens à cause des terres laissées par les ancêtres dont la plupart abrite maintenant de très belles villas. Lorsque l’Etat du Sénégal sous Wade a donné l’autorisation de construire, le Prix du mètre carré a littéralement doublé. Bien avant l’alternance, il était vendu à moins de 75 000 F Cfa. Aujourd’hui, il est vendu entre 180 000 F à 200 000 F Cfa.

Sékou Dianko DIATTA SenegalCity.com